Ninon CARNOY
Accompagnement psychocorporel à Paris 11 - Bastille
 
80 rue de la Roquette, 75011 Paris 11
 
 
06 83 77 55 30
 
Ninon CARNOY
Accompagnement psychocorporel à Paris 11 - Bastille

L'inceste ne fait pas de bruit - Des violences sexuelles et des moyens d'en sortir

24 Août 2022 Ninon Carnoy, thérapeute

Peur liée à l'inceste

L’INCESTE NE FAIT PAS DE BRUIT, DES VIOLENCES SEXUELLES ET DES MOYENS D'EN SORTIR

De Bruno Clavier et Inès Gauthier

A la lecture de ce livre, j’ai été très touchée en tant que personne et que thérapeute en psychocorporel. Ce que Bruno Clavier et Inès Gauthier décrivent avec beaucoup de justesse correspond à ce que j’observe, séance après séance avec certaines personnes qui viennent chercher un accompagnement auprès de moi. L’inceste ne fait pas de bruit, il ravage des vies et des générations. Je le confirme à l’écoute de mes patients. Le corps a été abusé, la confiance en soi et en l’autre a aussi été abusée.

Ce qui peut rendre une relation thérapeutique très difficile puisque c’est justement (très souvent) une figure de confiance qui a usé de cette confiance pour abuser l’enfant.

Dans le secret du cabinet psychocorporel, soutenu par l’espace d’accueil de l’être tout entier (corps-âme-esprit) qu’offre la Relation d’Aide par le Toucher, les langues se délient, les corps aussi. Figement, mouvement. Il y a de la vie. Des larmes et des soupirs et des rires et des sourires.

Pour certaines personnes, c’est la première fois qu’elles partagent ce qu’elles ont vécu. Et c’est le début d’un chemin, non une paix intellectuelle qui fait marcher à côté de sa vie et de son corps (« je lui pardonne », « je comprends », « il/elle ne voulait pas me faire de mal /n’a pas pu faire autrement/était malade… ») mais une vraie réconciliation avec son corps, une acceptation totale de ce qu’il a traversé, des mécanismes qui ont permis que l’enfant d’alors continue à vivre malgré l’effraction de l’impensable dans sa vie à un âge où il ne peut pas l’intégrer. Comme l’exprime de manière imagée une personne que j’accompagne : cet inceste laisse une « cicatrice qui fait partie de moi mais qui ne me résume pas. Aujourd’hui je vois que je suis comme un diamant. J’ai bien plus de facettes que ça. »

Pour d’autres personnes, pas de souvenirs ou enfance (top ?) parfaite. Pour d’autres, il y a simplement un nuage gris et lourd qui pèse sur l’enfance. Et SURTOUT un inconfort dans la vie, dans les relations à soi et aux autres au niveau professionnel, amical ou amoureux :

  • culpabilité,
  • déni,
  • impression de se faire toujours avoir,
  • de devoir faire semblant,
  • de ne pas être vraiment aimé,
  • de ne pas avoir de place,
  • d’être moche,
  • trop ou pas assez quelque chose – gros.se, petit.e, intelligent.e, rapide…

Au fil des séances, ce nuage laisse passer un peu plus de soleil. Le corps a tout la place sur le matelas au sol pour s’exprimer : accepter un toucher (massage à l’huile, main posée, pressions...). Sentir ce que cela fait vivre (agréable, désagréable, rien, sentiment de ne pas être là, d’être parti au-dessus de l’armoire, pensées envahissantes…). Refuser le toucher. Sentir que les mots sont bloqués dans la gorge. Que le corps est replié de l’intérieur. Ou complètement offert et abandonné sans limite. Et petit à petit (ré)apprendre à dire non / stop / je ne veux pas. D’un geste timide parfois. Avec une petite voix. Ou pour certain.e.s avec une colère archaïque et salvatrice. Chacune, chacun, emprunte un chemin différent pour se reconstruire. L’approche corporelle permet de sentir, ressentir et créer des liens entre le corps, l’âme et l’esprit. Intelligent :  Intelligare – étymologiquement « faire des liens ». Le corps rend intelligible, il aide à faire des liens. Et ces liens permettent justement au mental de retrouver la connexion au corps. Cela permet de « ressentir » qu’une situation n’est pas bonne, qu’il y a un risque d’abus. Et petit à petit des antennes « poussent » pour nous aider à faire des choix qui nous mènent vers des personnes plus sécures, des situations plus saines…

Et sortir des mécanismes répétitifs d’abus :

  • transgénérationnels (exemples dans ce livre et dans l’intéressant Aïe, mes aïeux ! de Anne Ancelin-Schutzenberger) ou
  • au cours d’une vie (ex : agression sexuelle par le grand-père à 3 ans, puis attouchements à 10 ans par un ami de la famille puis à 20 ans viol par un client…).

A ces personnes qui ont subi l’inceste et qui osent aborder le sujet, je dis merci pour cette confiance. Il en faut du courage pour accepter de regarder ce qu’il s’est passé. N’oublions pas que le clivage, le déni et l’amnésie traumatique sont des mécanismes de survie indispensables pour nous protéger de chocs traumatiques ingérables sur le moment. A nous d’accompagner la sortie de ce mécanisme en respectant le rythme du corps, cette intelligence du vivant, tout en rassurant le mental qui fait de son mieux pour nous protéger comme un bon petit pompier parfois un peu dépassé.

Se libérer du passer pour être présent à la Vie qui coule en chacun de nous. Se libérer les douleurs, tensions corporelles et émotionnelles. Retrouver confiance en soi, en les autres et en la Vie.

 

 

Présentation du livre :

L'inceste ne fait pas de Bruit

Des violences sexuelles et des moyens d'en guérir

 

Ce livre nous concerne toutes et tous, de près ou de loin, qu’on le sache ou qu’on l’ignore, qu’on le dise ou qu’on le taise. Il accompagne la libération de la parole, donne du sens, et œuvre pour la prévention des violences sexuelles. Il offre à la fois des témoignages et une parole thérapeutique ; et s’il éclaire les victimes, il montre aussi les bourreaux. Cela tient à ses deux auteurs : Bruno Clavier, qui a lui-même subi des violences sexuelles dont un inceste, soigne les victimes ; Inès Gauthier, quant à elle, essaie d’empêcher les agressions.

Il sera beaucoup question ici de l’amnésie post-traumatique et de l’amnésie infantile, si importantes pour comprendre que plus les violences sexuelles ont lieu précocement dans l’enfance, plus il est difficile – mais pas impossible – de s’en souvenir. On évoquera aussi la responsabilité d’une partie de la psychanalyse dans la non-prise en compte de ces violences. Enfin, ce qui se passe dans la tête des agresseurs ou dans celle des personnes qui pourraient passer à l’acte sera décrypté.

 

Dans tous les cas, il s’agira de guérir. Guérir pour ne plus subir, guérir pour ne plus détruire.

 

Livre sur l'inceste de Bruno Clavier et Inès Gauthier

Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Réalisation & référencement Simplébo

Connexion